Les Impacts du Changement Climatique
Les impacts du changement climatique, induits par les actions anthropiques
se font de plus en plus sentir avec l’avènement des phénomènes extrêmes qui
affectent les communautés vulnérables et leurs biens. Ces manifestations, plus
accentuées en Afrique, appellent à faire recours à des approches et à des outils
innovants pour protéger les vies humaines et leurs moyens de subsistances.
À tous les niveaux et toutes les échelles, les experts et les acteurs concernés
s’accordent sur l’importance de la mise en place de Systèmes d’Alerte Précoce
(SAP) pour prévenir et gérer les risques de catastrophes naturelles.
Pour en savoir plus sur les impacts du changement climatique et nos initiatives,
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essentielles et des informations détaillées :
Le phénomène des feux de végétation
Le phénomène des feux de végétation dans le complexe revêt diverses origines notamment :
- Les feux naturels (foudre) rarement à l’origine d’incendies importants ;
- Les feux délibérément déclenchés par les forestiers pour prévenir des incendies tardifs ;
- Les feux délibérément déclenchés par les agriculteurs (pratique locale largement répandue pour lutter contre les nuisibles et fertiliser les sols à moindre coût) ;
- Les feux sauvages accidentels en période de chaleurs extrêmes (tessons de bouteille, etc.) ;
- Les feux sauvages allumés par les braconniers pour traquer les bêtes.
Il est à noter que les feux volontairement déclenchés ne présentent a priori pas de risques sauf s’ils échappent au contrôle des forestiers et des agriculteurs. Leur suivi est à ce titre utile.
En termes de vulnérabilité, il convient de noter que les zones d’aires protégées qui constituent le cœur des parcs bénéficient d’une protection intégrale. Les feux sauvages se déclenchent principalement en périphérie des parcs. Par ailleurs, les corridors de transhumance sont pris en considération comme zones de départ de feux et voies de propagation des incendies. Les principaux hotspots identifiés concernent les parties du parc W et du Pendjari au Bénin, la partie du parc W au Niger, ainsi que les corridors de transhumance.
Pour prédire la propagation des incendies/feux de végétation et émettre des alertes pour les zones à risque, le SAP-MR différencie les feux en cours (à l’instant t, nowcast) des dangers de feu à venir (prévision / forecast).
Le phénomène d'inondation
Le phénomène d’inondation dans le complexe WAP présente deux dynamiques distinctes : i) les grands cours d’eau pérennes, qui se traduisent par des crues « longues » sur plusieurs jours et, ii) les petits cours d’eau intermittents, qui se traduisent par des crues « éclairs » sur quelques heures.
Les principaux hotspots identifiés, concernent la partie du parc d’Arly au Burkina Faso et la partie du parc de la Pendjari au Bénin. Pour détecter les conditions propices aux inondations, le modèle mis en place permet de dissocier les inondations dues aux fortes pluies de celles résultant des débordements de cours d’eau. Cela permet de surveiller les niveaux des cours d’eau, les précipitations et ruissellement afin d’anticiper les événements et émettre des alertes en conséquence.
Les figures ci-dessous représentent respectivement la carte du réseau hydrographique et celle de vulnérabilité aux inondations.
Le phénomène de sécheresse
Le phénomène du conflit homme-faune est tout aussi complexe à appréhender, car les comportements des animaux sauvages sont très différenciés selon les espèces (migrations en troupeaux ou attaques imprévisibles isolées ou en groupe).
Il existe également une compétition entre les différentes espèces sauvages. Les principaux hotspots recensés sont les points d’eau servant à la fois pour l’abreuvement de la faune sauvage, à l’abreuvement des cheptels et à l’alimentation en eau des populations, y compris les corridors de transhumance, car dans certains endroits, ils sont empruntés par les espèces sauvages.
En compléments, l’analyse croisée des principales localités situées le long des corridors de transhumance, de certains des points d’eau et des aires de pâturages les plus fréquentés par les pasteurs, ainsi que les sites d’attaques de carnivores dans le complexe ont permis de mettre en exergue cinq zones à risque, à savoir Pama Sud, Arly Centre, W Tapoa, W confluence fleuve Niger et la mare aux crocodiles.
Le phénomène de sécheresse
Les phénomènes à l’origine de la sécheresse étant complexes à évaluer, mettent en jeu plusieurs variables climatiques telles que la température, la pluviométrie, l’évapotranspiration et le débit des cours d’eau. Cette complexité phénoménologique est corroborée par l’absence d’indicateurs préalablement définis pour la zone du complexe. C’est ainsi que des indicateurs standards globaux (SPI, SPEI) ont été utilisés en première instance par ce SAP-MR.
Il a été constaté que la vulnérabilité à la sécheresse est fortement corrélée à l’occupation des sols. Ainsi, plus le couvert végétal est dense, plus la vulnérabilité est faible. Les zones forestières sont donc les moins vulnérables et les zones de savane sont les plus vulnérables au risque de sécheresse. Les principaux hotspots recensés concernent la partie du parc du national W Niger et les nationaux W et Pendjari du Bénin.
Afin de définir des seuils spécifiques pour déclencher des alertes et des actions préventives, ce SAP-MR différencie clairement la sécheresse météorologique (manque de pluie), la sécheresse agricole (stress hydrique) et la sécheresse hydrologique (assecs ou étiages sévères).